mardi 9 octobre 2007

Reconciliation ? Et puis quoi encore ?

Ce samedi 6 octobre à Alésia est venue défiler la légion X, surnommée Legio X Equestris, officiellement parce que César s'en est servie une fois en guise de cavalerie, officieusement parce que ses membres aimaient bien se chevaucher mutuellement selon les moeurs romaines (le fameux coitum equistestris romanum). Votre dévoué serviteur ne pouvait évidemment pas manquer de s'y rendre (après tout il est un peu chez lui là bas, on ne lui a pas dresser une statue pour rien). On pouvait y assister au défilé de troupes romaines, à quelques exercices militaires dans des uniformes rutilants, tandis que de charmantes danseuses échauffaient les esprits et dilataient les entrejambes. Bien sûr un tel programme à de quoi surprendre, il peut apparaître en effet assez cynique de voir les vainqueurs de la guerre parader sur les lieux de leur victoire en présence même des vaincus, bien que l'occupation romaine soit finie depuis déja quelques temps. On sera d'autant plus étonné d'apprendre que ces soldats n'ont pas été accueillis par des insultes ou des jets de pierre, mais par des salves d'applaudissements enthousiastes. En vérité l'explication est très simple, ces soldats étaient venus pour demander une réconciliation (et puis quoi encore ?) et ont, pour marquer l'évènement, apporté une épée romaine. Une plaque commémorative a même été placée sur le site !
Evidemment, il va de soi qu'un morceau de ferraille, aussi aiguisé soit-il, ne saurait rattrapper les 2059 ans d'humiliation qui pèsent sur nos épaules (assez lourdement il faut bien l'avouer), mais le geste m'a néanmoins touché par sa sincérité et sa candeur. Au fond ces envahisseurs là n'ont pas été les pires que nous ayons eu, malgré leur insignifiance et leur brutalité, au moins ne mangeaient-ils pas de grenouilles.
Aussi que l'exemple de cette nation, qui a règné sur le monde, et qui vient nous demander pardon à nous autres, Bourguignons-Mandubiens, serve de leçon à la France. Si les légions de César sont venus pour demander une réconciliation, les Français pourraient faire de même. Je suggère donc à Monsieur Sarkozy de venir officiellement à Dijon, afin d'y faire amende honorable au nom de la France, mais dans les règles de la tradition, c'est-à-dire vêtu d'une chemise blanche, trainé dans les rues par une corde sous les crachats de la foule pour enfin embrasser les pieds du duc de Bourgogne (rôle que je veux bien accepter par intérim en attendant que son successeur légitime se manifeste).



Monsieur Sarkozy, la balle est dans votre camp à présent !

2 commentaires:

Nicolas Sarkozy a dit…

J'ai déja assez de problèmes avec ma femme en ce moment.

Anonyme a dit…

Magnifique!!!!!!!!!!!!!!