Connaissez-vous les menhirs d'Epoigny ?
Je m'en vais vous les faire découvrir.
« Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer » Charles le Téméraire.
Nous au mois de novembre de la sinistre année 2020 après la naissance du Christ.
Le virus couronné exerce ses ravages dans le monde entier, fauche les vieillards comme des mouches et contraint le monde à rester cloîtrer dans sa demeure.
La Bourgogne, elle non plus, n'est pas épargnée par la maladie, et les Bourguignons se trouvent eux aussi assignés dans leur maison, sans pouvoir en sortir, tandis que l'épidémie continue de se répandre.
Ô malheureuse Bourgogne !
Ce n'est pourtant pas le premier fléau qui vient frapper ton peuple.
Déjà, aux alentours de l'an mil, on s'en souvient encore, une terrible famine avait frappé le monde et contraint les Bourguignons à connaître les plus effroyables tragédies pour assurer leur survie.
Raoul Glaber nous l'a raconté dans ses chroniques. Je les ai illustrées en vidéo.
Que Dieu fasse miséricorde à la Bourgogne !
Quelque part en Bourgogne, jaillissent les sources de la Seine.
Nos ancêtres gaulois du peuple des Lingons, l'adoraient autrefois sous le nom de la déesse Séquana.
Les chrétiens la prièrent à travers le culte de saint Seine qui, d'après la légende, donna naissance à ce cours d'eau par un coup de patte de sa mule.
A leur suite, à notre tour, nous venons rendre hommage à cette source sacrée.
Il y avait chez beaucoup d'entre eux un petit fond, nous dirions d'irrédentisme, si le mot ne devait paraître un peu fort. L'annexion de la province, sous Louis XI, s'était faite, en somme, après la mort de Charles le Téméraire, sans trop de difficultés. Néanmoins, les partisans de la princesse Marie avaient conservé des espérances pendant longtemps, et, sans admettre désormais, c'était certain, la possibilité d'une séparation d'avec la couronne, plus d'un Bourguignon rêvait encore, au dix-septième siècle, d'une province à peu près maîtresse de ses destinées, d'une Bourgogne perpétuant seule, dans une sorte d'indépendance assez indéfinissable d'ailleurs, les longues traditions de gloire qu'elle tenait de ses « grands ducs d'Occident !»
Aujourd'hui encore, il n'est pas si rare qu'on le pourrait supposer de rencontrer des Bourguignons convaincus, qui regrettent l'absorption totale et définitive de leur pays par la France. Ils croient que leur art local, si personnel au quinzième siècle, que les lettres dijonnaises si brillantes alors, que la civilisation bourguignonne tout entière, en un mot, si elle s'était développée dans une complète indépendance, au lieu de se fondre dans la renaissance générale, aurait pu influencer le mouvement de celle-ci, en l'amplifiant, et en lui ajoutant un incomparable éclat.
Il aimait l’atmosphère intime et la gaieté de bonne commère de Dijon ; il aimait l’accueil avenant et empressé de ses boutiques, la vie populaire de ses rues, le charme un peu désuet de ses vieilles places et de ses squares plantés de grands arbres et parés de jolies fleurs. Malheureusement, il commençait à en être de cette cité de même que des autres villes qui s’ingénient à simuler la redondante laideur du Paris neuf ; les anciennes rues disparaissaient ; de nouveaux quartiers surgissaient de toutes parts, avec des bâtisses insolentes avançant des balcons chambrés, à l’anglaise, dans des boîtes de fer, aménagées de carreaux de couleur, distribués en cases de jeu de dame, par des losanges divisés de plomb ; l’impulsion était donnée ; en trente ans, Dijon avait plus changé qu’en plusieurs siècles ; il était sillonné maintenant d’amples avenues baptisées de ces noms délabrés de Jean-Jacques Rousseau et de Voltaire, de la république et de Thiers, de Carnot et de la liberté et, pour comble, une statue de cette bruyante ganache de Garibaldi s’élevait, évoquant, dans le coin d’un carrefour pacifique, le souvenir d’un chienlit de guerre, ignoble. La vérité était qu’à l’ancien bourguignon, religieux et boute-en-train, égrillard et frondeur, s’était substitué un autre Bourguignon qui avait conservé ses qualités de terroir mais avait perdu son étampe originale, en perdant la foi. Dijon était devenu en même temps que républicain, indifférent ou athée. La bonhomie et l’alacrité demeuraient, mais la saveur de ce mélange de naïve piété et de liesse rabelaisienne, n’était plus ; et Durtal ne pouvait s’empêcher de le déplorer un peu.

Sur cette image, on voit Jean sans Peur arborer ses deux emblèmes : le rabot, signe de son opposition au duc d'Orléans, et le plant de houblon, symbole de son alcoolisme.


"Mangez du poulet !" Gaston Gérard
C'est alors qu'il fit la rencontre d'une jeune fille nommée (c'est authentique !) : Reine Geneviève Bourgogne ! Cette jeune fille, aux moeurs plutôt légère, avait une fort mauvaise réputation parmi la bourgeoisie dijonnaise. Parce qu'elle était un peu volage, on disait d'elle qu'elle était... une poule ! Elle attira aussitôt Gaston qui lui exposa ses aspirations culinaro-galinacières. Le couple était en train de manger un lapin à la moutarde en buvant du blanc-cassis (on ne parlait pas encore de Kir à cette époque), quand Reine Geneviève eut cette idée : et pourquoi ne pas cuisiner le poulet à la moutarde ! Gaston bondit d'enthousiasme à cette idée ! La fille se mit aussitôt aux fourneaux, bazardant le lapin par la fenêtre. Gaston ajouta à la moutarde tout de ce dont il raffolait : du beurre, du fromage et de la crème !
Ce fut pour lui une explosion de joie !
Dès lors son alimentation ne se composa plus que de poulet et de moutarde, donnant à sa physionomie cette allure de volatile à laquelle se mêlaient des airs de plante de la famille des Brassicacées, comme en témoigne cette photo :
Une bouchée plus tard il demandait la jeune femme en mariage et la conduisit à l'église.Ô exquise consolation !
Aujourd'hui, certains journalistes à l'esprit revanchard, qui prennent courageusement le parti de la Résistance en cette année 2011, voudraient voir se poursuivre l'épuration et changer le nom du stade de Dijon, sous le prétexte que Gaston Gérard eut des sympathies pétainistes.
Le M.L.B., quant à lui, s'oppose farouchement à ce changement de nom. Le stade Gaston Gérard doit conserver ce nom illustre. Nous estimons en effet que la recette du poulet Gaston Gérard est un apport immense à la gastronomie qui suffit amplement à excuser les quelques erreurs que commit ce grand amateur de volaille et qui justifie que l'on continue à honorer sa mémoire ! Après tout, la cuisine n'est-elle pas plus importante que la politique ?
Vive Gaston Gérard et son poulet !


Je m'approchais et la présence d'écusson aux armes de la Bourgogne achevèrent de dissoudre mes derniers doutes, comme l'eau dissout le sucre et l'alcool les cellules hépatiques.
En revanche je ne saurai vous dissimuler l'émotion qui m'étreignit en découvrant ces marches qu'avait monté avant moi Jean sans Peur, cette salle des gardes où il dut féliciter sa vaillante troupe, cette cheminée devant laquelle les soirs d'hiver il devait réchauffer ses petits petons dijonnais, et ces toilettes, où, ce fameux soir où il franchit triomphalement les murs de Paris accompagné de 5000 archers, il dut, après avoir fastueusement célébré sa victoire, posé une formidable et ducale peau de renard.
Le R, tel qu'on le roule de par chez nous
(nos deux amis marchent dans la forêt)