samedi 7 novembre 2009

Propagande moderne (3)

Avec le temps, le succès de l'opération "des autocollants pour une Bourgogne Libre" ne semble toujours pas se démentir puisque les demandes n'ont jamais été aussi nombreuses et que d'un peu partout dans le monde on m'envoie des photographies de ces autocollants qui donnent à notre mouvement un rayonnement désormais international !

Mouvement pour la Bourgogne Libre partout et pour toujours !

Voici un petit aperçu des dernières actions menées par les partisans de la Bourgogne Libre :

Autocollant posé dans la gare des Laumes-Alésia.

Aux dernières élections européennes le MLB n'a hélas pas pu se présenter, mais il tint à faire savoir à tous les Bourguignons qu'il n'en veillait pas moins sur eux.

Le MLB vient narguer la France directement au coeur de sa capitale en posant cet autocollant à proximité de la gare de Bercy, empruntée par tous les voyageurs qui ont le bonheur de se rendre en Bourgogne.

A l'Université de Rennes un jeune Bourguignon en exil lance un formidable message d'espoir, bien digne d'être entendu par tous les Bretons.



Le MLB est présent même au Canada, comme en témoignent ces quelques photos prises à Toronto, dans la vieille ville, près du marché Bonsecours, au dessus du Mont Royal et, comme il se doit, dans un débit de boissons sur des verres qui ne sont pas remplis d'eau minérale. Vive le Québec et la Bourgogne libres !

La photo n'en témoigne guère, mais ces deux partisans du MLB posent devant un autocollant apposé à Amsterdam, aux Pays Bas ! Il est important de préparer nos amis Hollandais à la futur réunification du Grand Duché d'Occident !

Certes la Grêce est l'invitée de la foire gastronomique de Dijon cette année, mais le MLB tient toutefois à rappeler que, quelque soit la nature de vos moeurs, il est formellement déconseiller de s'introduire des autocollants de la Bourgogne Libre dans le rectum !


Enfin voici un modèle pour T shirt (dont les droits ne sont pas libres) créé par un jeune designer au talent indéniable et à qui nous souhaitons tout le succès possible.
Le geste de la main n'est rien d'autre que le signe de ralliement de la Bourgogne Libre, il représente les deux cornes de notre glorieux emblême : l'escargot !
C'est aussi ça la vocation du MLB : féconder la création artistique, dans l'espoir de prochainement créér un nouveau mouvement artisrtique de grande ampleur en Bourgogne.

Pour obtenir des photographies la démarche est toujours la même : il suffit d'en faire simplement la demande et de me donner votre adresse en m'écrivant à : charles_le_temeraire (at) hotmail.fr

N'hésitez à m'envoyer les photographies de vos autocollants, qui sont toujours les bienvenus !

Et mes remerciements les plus chaleureux à tous ceux qu m'ont fait parvenir les leur ! Le M.L.B. est très fier de pouvoir s'honorer de partisans aussi débonnaires et audacieux !

vendredi 16 octobre 2009

DIJON BEAUNE MAGAZINE

Le Mouvement de Libération de la Bourgogne fait la une de Dijon Beaune magazine : en vente dans tous les kiosques de Côte d'Or !
Notre Mouvement reçoit enfin la résonnance médiatique qu'il mérite ! Tous les kiosques de la ville de Dijon portent haut et fort les couleurs de la Bourgogne Libre ! Un vent de liberté sans précédent est en train de souffler sur un pays qui se lève, et qui va bientôt s'enivrer du doux nectar de l'indépendance. Mouvement de la Bourgogne Libre partout et pour toujours !!



Tout Dijon ne parle que de l'indépendance !

Et vous pourrez enfin savoir qui se cache derrière le pseudonyme de Charles le Téméraire !

Je reviendrai bientôt plus longuement sur cet article, mais je peux vous annoncer d'ores et déjà que les autocollants du Mouvement de la Bourgogne seront disponinles dès la semaine prochaine et que vous pouvez en commander gratuitement par simple demande à cette adresse : charles_le_temeraire (at) hotmail.fr

Vive la Bourgogne Libre !

samedi 3 octobre 2009

Le discours de la libération

Ecrire des dizaines d'article, militer, afficher partout des autocollants, écrire à des chefs d'Etat, poser des banderoles, diffuser massivement le manifeste de la Bourgogne Libre sur internet, toutes ces actions sont bien utiles, mais encore insuffisantes, il est important de s'en rendre compte. Pour convaincre les Bourguignons il nous faut occuper tous les espaces, voilà pourquoi le MLB se lance à l'assaut de youtube en y lançant un discours enflammé, que vous pouvez écouter à l'adresse suivante :

http://www.youtube.com/watch?v=KLcJwTvFeYg




Je compte sur vous pour le diffuser massivement !
Vive la Bourgogne Libre !

lundi 21 septembre 2009

Alchimie bourguignonne

Il s'opère en Bourgogne, au moment même où j'écris ces lignes, et où vous les lisez, une opération alchimique de première importance dont tout notre avenirdépend. Un long procédé de transmutation de la matière est en train de se mettre en place, qui puise son énergie dans les forces telluriques mêmes de la Bourgogne, : j'ai nommé la vinification.
Le pays tout entier est en pleine agitation, nous sommes en septembre, c'est la saison bénie des vendanges ! Par milliers, des jeunes bourguignons vont venir dans nos vignes pour y briser leur colonne vertébrale au cours d'une récolte, harassante, mais conviviale. De cet échange éreintant avec notre sol sacré, il en résultera quelques sciatiques, quelques paraplégies, mais surtout des milliers de tonnes du meilleur raisin du monde, acheminés vers les clos les plus prestigieux, dont les noms résonnent dans le monde entier comme autant de synonymes du mot ivresse : Vosne Romanée, Pommard, Chambertin, . Là le raisin sera pressé, dans le plus grand respect de la tradition, par un écraseur-équeuteur, dont le cylindre perforé peut tourner de 600 à 1200 tours par minutes. Ensuite on séparera le jus de son écorce et des pépins, puis on le laissera fermenté, on le clarifiera, on le filtrera, on le centrifugera, on le réfrigérera, on le chauffera pour finalement le mettre en bouteille, procédés mystérieux, presque magiques, dont il résultera ce prodigieux breuvage à qui nous devons tout : la vinasse !

Hardi les gars ! Les poivrauds du monde entier comptent sur votre travail !

Oui c'est véritablement un procédé miraculeux, semblable à celui que Jésus opéra aux noces de Cana, que la transformation d'un banal fruit rouge en un nectar divinement éthylique, suavement alcoolisé et bourrant délicieusement la gueule. L'ivrogne n'en a que peu conscience, mais pour que son foie soit ainsi ravagé par la cirrhose, il aura fallu le travail de milliers de personnes, il aura fallu l'effort continu de tout un pays. Les vendanges sont comme un rite, une messe célébrée dans le temple que forme la Bourgogne toute entière en l'honneur du dieu Bacchus, qui nous récompensera par le miracle des grosses murgeasses !

Plus sacrée à nos yeux que Lourdes et Saint Jacques réunis : la terre de Vosne-Romanée !

Mais l'alchimie ne s'arrête pas là ! Elle se poursuit dans le corps même du buveur, qui, par le truchement de son foie, au cours d'une énigmatique opération chimique, transforme ce raisin devenu capiteux en une prodigieuse peau de renard qui viendra s'étaler sur les trottoirs de nos villes.

Puis l'opération se poursuit dans le domaine spirituel : le buveur devenu ivre verra son esprit se libérer de tous les poids que sont la conscience, la raison ou encore le sens le plus élémentaire des réalités. L'esprit devient alors bourguignon avant même que la Bourgogne soit indépendante ! C'est par cette opération alchimique que sont nés l'ode à Priape où les oeuvres complètes de Crébillon. C'est encore par le commerce du vin que Forneret et Denon ont pu financé leurs activités artistiques, et c'est ivre mort que Charles le Téméraire chargea à la bataille de Nancy (ce qui explique peut-être le désastre qui s'en suivit). Le véritable miracle bourguignon est là : elle puise dans la richesse du sol pour en tirer des oeuvres d'art. Elle opère la transfiguration de la chair (le raisin) en esprit : la Bourgogne est une terre eucharistique.

Chaque bourguignon doit en avoir conscience : le vin est divin, il fût sacralisé tout à la fois par Jésus, à qui il ne déplaisait pas de se coller de grosses minasses avec ses comparses, ces compagnons de beuverie qu'étaient les apôtres et par Bacchus. Du vin dépend l'économie, l'art, les moeurs, la culture, l'âme et toute la vie de la Bourgone. Et une terre qui porte le nom d'un vin est donc nécessairement sacré.

Aussi saluons le courage de tous ces vendangeurs, et pour que la Bourgogne vive éternellement, que ses vignes prospèrent, il n'est qu'un seul moyen, qui est de boire, de boire encore, de reboire et de se prendre sans cesse de colossales mouflées de derrière les fagots.



L'ivresse est le seul miracle qui se réalise systématiquement.

mardi 25 août 2009

Voyage d'agrément de Semur-en-Auxois à Flavigny-sur-Ozerain

Il est une coutume que nous partageons, mes amis et moi, et qu'il ne viendrait à l'esprit d'aucun d'entre de nous de déroger, qui consiste à se réunir annuellement dans ma demeure semuroise, où je fais office d'architriclin, pour y gobeloter jusqu'à plus soif et lamper les boissons les plus capiteuses. Cette année ne marqua nulle exception à cette délicieuse habitude, et nous nous trouvâmes, pas plus tard que samedi dernier, avachis dans mon salon, en train de récupérer de la bamboche orgiaque de la veille. Ah ça pour ribauder, nous avions ribaudé !

Toutefois, nous en étions à nous demander comment tuer le temps en attendant de remettre le couvert le soir-même.

« _ Qu'est-ce qu'on fout ? Demanda l'un de mes commensaux, dont je suis lié par une amitié si ancienne déjà, et si forte, que je pardonne bien volontiers la trivialité de son langage.

_ Et si nous allions visiter quelque chose ?

L'idée d'aller nous promener dans ce jardin d'Eden qu'est l'Auxois ne pouvait que me ravir, de plus je ne répugne pas à faire de temps à autre le cicérone, aussi, j'acceptai cette proposition avec la plus grande félicité.

_ Avec allégresse, répondis-je, que souhaitez-vous voir ?

_ Et pourquoi pas Flavigny ?

Je frémis.

_ Flavigny ? m'enquis-je pusillanimement tandis qu'une longue trainée de sueur inondait ma tempe blême, tu veux dire Flavigny-sur-Ozerain ?

_ Oui da ! ».

Mon visage passa du pâle au diaphane.

La goutte de sueur se mua en un prodigieux déluge.

Flavigny sur Ozerain est un village d'apparence charmante, mais il est situé au dessus d'une colline, éloignée de toutes les voies de communication. Il en résulte que ce bourg a été comme totalement oublié du reste de l'humanité depuis le XII° siècle, ce qui fait, on en conviendra volontiers, une sacré paye.


Flavigny, perchée sur sa colline, si loin de tout, si loin, si loin.....

Ce repli sur soi pour le moins prolongé n'a guère contribué à adoucir les moeurs flavigniennes, bien au contraire. Lâchons le mot, Flavigny est sans conteste le village le plus réactionnaire de France.

Toute forme de progressisme, même discrète, même timorée, même feutrée, y est bannie avec la plus brutale sévérité. Un militant de l'UMP passerait là bas pour un gauchiste des plus séditieux.

Pour vous prouver que je n'exagère en rien, apprenez que la personne la plus honnie de ce village a pour nom Jean-Paul II. Oui, oui, Jean Paul II, le précédent locataire du palais du Vatican, ce pape chauve et débonnaire, toujours souriant. Il est considéré là bas comme un révolutionnaire malfaisant, un subversif de la pire espèce, comme l'antéchrist en personne. Vous seriez mieux accueilli au Texas en arborant un T shirt à l'effigie de Ben Laden qu'à Flavigny avec un portrait de Jean Paul II. Ce qu'on ne lui pardonne pas, c'est d'avoir permis que la messe soit prononcée dans un autre idiome que le latin. Cela les flavigniens n'étaient pas prêts de le digérer, c'était révolutionner de façon trop radicale leur mode de vie. Songez que là bas, même l'art gothique, qui a portant connu du XIII° au XV° siècle un honorable petit succès, est considéré comme une mode passagère importée par quelques zazous d'Ile de France, alors une messe en français, pensez donc !

Ce n'est pas pour rien que Monseigneur Lefebvre, le principal opposant aux réformes de Vatican II, trouva à Flavigny le soutien le plus fanatique. Quant à Benoit XVI, malgré ses courageuses réformes, il n'y est guère plus apprécié puisqu'on le surnomme Urina Frigidae.

La porte d'entrée de Flavigny, certes très belle, mais qui ne dénote pas d'un sens démesuré de l'hospitalité.

Vous comprenez mieux à présent d'où venait le frisson qui me parcourait l'échine, l'idée que l'un de mes amis puisse afficher un peu trop ouvertement un signe de modernité nous exposait en effet aux pires représailles. Hélas, comme mon précédent article le laissait supposer, je n'ai pas le permis de conduire, je ne pus m'opposer à ce choix, et nous voilà partis, assis à 6 dans une 4L en direction de ce lieu de vertu et d'anti-débauche.

A peine arrivés, nous nous précipitons à l'abbaye. Moi, quand je vois une abbaye, je ne réfléchis pas : je me précipite. L'angoisse qui me rongeait le ventre s'apaise peu à peu dans la contemplation des chapiteaux sublimes de la crypte carolingienne. Le travail acharné que ces moines ont effectué pour conserver le souvenir de l'art romain ma va droit au coeur, moi qui essaye également de sauvegarder l'art bourguignon. Et puis soudain, alors que j'étais déjà complètement rasséréné par l'harmonie des lieux, un de mes amis osa demander, à haute voix :

"_ Elle date de quand cette abbaye carolingienne ? "

Je manquai de défaillir.

Autour de nous commença à s'amasser un groupe de visiteurs à l'air scandalisé.

Je foudroyai mon ami du regard et préférant ne pas nous attarder plus longuement dans ce lieu après qu'une telle sottise y fût proféré nous partîmes avec toute la précipitation dont je disposais dans l'état de choc où mon esprit gisait.

On a beau dire, l'art carolingien, ça a de la gueule !

Nous nous dirigeâmes ensuite vers la splendide église Saint-Genest. Comble de malchance, celle-ci était fermée par une grille, qui nous permettait d'en observer l'intérieur mais qui nous exposait aux oreilles des passants flavignyens, et par conséquent à leur furie. Le dialogue suivant s'entama, avec toute la familiarité dont mes amis sont capables :

"- Mazette quel jubé ! Pour un jubé, ça c'est un jubé !

- Matez moi un peu cette statue d'ange de l'Annonciation, elle envoit du lourd !

- Saviez-vous mes amis (là c'est moi qui parle) que ce saint lieu est le receptacle de la dépouille de notre très vénérée Saint Reine, (que Dieu ait sont âme) ?

La réponse fusa, comme un balle tirée dans le dos :

-Sainte Reine, qui c'est celle là ?"

Je tâche d'interrompre la question de cet inconscient, qui semblait ignorer que Reine est cette sainte à qui Olibrius pratiqua sans ménagement une décollation de la tête. Trop tard hélas. Deux passants nous avaient distinctement entendus. Le regard qu'il nous jetèrent n'était pas noir, il était ébénique, charbonné, africain ! Je crus voir une écume de bave se former au bord de leurs lèvres, tandis que leurs visages prenait peu à peu la teinte de la lave en fusion. Afin d'éviter un esclandre qui s'annonçait imminent, j'entraine mes amis en courant vers le premier bar venu.

Je commençai à respirer un peu mieux en voyant que le scandale avait été évité. Et finalement nous terminâmes cette visite, au demeurant délicieuse, autour d'une bonne cervoise (la seule boisson fraiche servie dans ce village), tant il est vrai qu'en Bourgogne, même dans ses contrées les plus réactionnaires, tout finit par des beuveries.

samedi 8 août 2009

Hit the road Charles !

Découvrez la playlist hit the road de charles_le_temeraire


_ Tiens mon chéri, ton petit déjeuner est prêt.
_ Voilà ce que j'en fais de ton petit déjeuner ! lui répondis-je en lui projetant un verre de jus d'orange pressée au visage. Au diable ta petite routine ! Aujourd'hui nous allons prendre le large, fais chauffer la bagnole !

Et nous voilà parti, ma mère et moi (car il s'agissait de ma mère dans la scène précédente), arpentant comme des fous les routes de l'Auxois à toute berzingue, sous le regard médusé des Charolaises livides, roulant à des 70 à l'heure les cheveux bien à l'abri du vent dans notre Ford Fiesta indécapotable !

Pour les vacances il y en a qui rêvent de plages de sable fin, de palmiers, de noix de coco. Or je vous le demande, qu'il y a-t-il à voir dans ces coins paumés ?
Nada, comme disent les Italiens. Je ne comprendrai jamais pourquoi des touristes s'en vont par milliers moisir dans des coins aussi sinistres. Pour moi rien ne vaudra jamais le Sud de la Côte d'Or ! Le seul Sud qui me fasse rêver, c'est celui de l'Auxois ! Vous comprendrez mon impatience, ma trépignation, quand vous saurez que notre première destination n'étais autre que la Bussière-sur-Ouche. Déjà je frétillais de jubilation rien qu'en pensant au bas relief de Saint Hubert qui m'attendait là bas ! Hélas, trois fois hélas, l'église était fermée pour cause de restauration...
Qu'à cela ne tienne, il en faut plus pour entamer notre enthousiasme bouillonnant, à maman et à moi, nous remettons illico dans l'autoradio un bon vieux CD de Guillaume Dufay et déjà la voiture parait décoller, et petit à petit elle nous conduit au milieu des vignes, en plein pays Beaunois, au coeur même de la Bourgogne ! Ah quel paradis ! Ici tous les villages ont des noms de vin. Il suffit de lire sa carte pour s'enivrer. Et devant nous, Arcenant ! Arcenant ! Arcenant !

Le pavillon de la Bourgogne Libre flotte au sommet d'Arcenant.

Qu'allions nous voir à Arcenant ?
A votre avis ? Béotiens ! La statue équestre de Saint Martin pardi !
L'église d'Arcenant parait assez ordinaire de l'extérieur, bien que la butte sur laquelle elle est juchée en renforce la majesté. Quant à l'intérieur, il est criant de vulgarité. Tout ce que l'art religieux du XIX° siècle a fait de pire s'y trouve exposé. Les amateurs de peinture troubadoure et de grimaces ingresques y seront comblés. Mais au dessus de la porte, la statue est là, et quelle statue ! un chef d'oeuvre ! et quel chef d'oeuvre ! Slutérien à mort ! Quel contraste entre le visage calme, doux, assuré du saint (qui ressemble à un personnage de Lippi) et les guenilles en loques du cul terreux ! Je vous en aurais bien montré une photographie, mais celle que j'ai prise est floue hélas.
La beauté, ça donne faim. Et nous voilà au restaurant. Le patron nous écrase les mains en nous saluant avant de nous servir un copieux jambon persillé et une bonne lampée de Passetougrain, dont la translation entre mon verre et mon gosier est effectuée à la vitesse de l'éclair.
Et c'est reparti. L'étape suivante : Mimande ! Le fameux pays de Xavier Forneret.
Déjà à Chaudenay, en visitant l'église je suis pris d'une intense émotion en songeant que sans doute, le poète venait se recueillir en ces lieux.

Votre serviteur, bigrement ému, dans l'église de Chaudenay.

J'avais envisagé cette expédition depuis longtemps déjà, sans jamais oser franchir le pas. Comme la photo précédente en atteste j'étais vêtu pour l'occasion de mon habit le plus noir pour ressembler le plus possible à l'immortel auteur de "L'homme en noir, blanc de visage". Sa maison est assez difficile à trouver, elle est située tout au bout d'une impasse, après un petit pont étroit. Je riais d'avance de la surprise qui serait celle des actuels occupants des lieux en voyant venir chez eux le sosie de Forneret. Hélas le pauvre poète a été bien oublié en ces lieux. Les locataires furent tellement surpris de voir quelqu'un s'aventurer sur leurs propriétés qu'ils lâchèrent sur nous deux gigantesques molosses, aux dents aussi longues que mes jambes, et fichtrement bien aiguiséés. Le propriétaire était au premier étage, entièrement nu, il nous hurla quelques mots rendus incompréhensibles par les aboiements assourdissants des deux cerbères, dont la gueule béante s'acharnait sur les grilles de la propriété. Je ne prétends pas connaitre le langage des animaux mais la façon dont ces deux canidés faisaient grincer les sabres qui leur servaient de dentition ne me parut pas être le signe de la plus franche camaraderie. De plus, et ce depuis ma plus tendre enfance, j'ai toujours éprouvé une certaine réticence vis-à-vis de la douleur physique et de la section de l'un de mes membres. Nous ne crûmes donc pas fort utile de nous attarder plus longuement et rebroussâmes chemin, en quatrième vitesse.

L'accueil, très modérement accort, de la maison Forneret.

Avant notre départ j'eus le temps de prendre une photographie. Au premier étage, deux bambins me regardaient tout étonnés, et quand nous partimes le plus grand des deux regarda son petit frère en se frappant la tête avec l'index. Il faut croire que les admirateurs de Forneret sont peu nombreux à faire le pélerinage...
Ce fut là la plus grand déception de notre expédition. Forneret en effet était relativement riche, et je pensais trouver dans sa maison des personnes aux moeurs soigneusement lissées par un porte monnaie débordant de pognon, qui m'auraient volontiers fait visiter la propriété, et plus particulièrement la tombe de Bertram, le chien du poète...

Mais baste ! Reprenons notre route. Notre voyage avait atteint là son point le plus méridional. Aller plus au Sud nous aurait conduit en Saone-et-Loire, et une telle expédition nous parut beaucoup trop avantureuse, aussi nous dirigeâmes nous vers le Nord.
Ce fût d'abord l'impressionante colonne de Cussy.

Bibi, devant la colonne de Cussy. Avouez que la photo n'est pas dégueulasse.

La visite de l'église de Foissy fût rapidement expédiée, pour cause de fermeture. Puis ce fût celle d'Arnay-le-Duc, où je me recueillis pour prier le Seigneur.


Enfin ce furent Meilley sur Rouvres et sa fresque de 1485 et Saint-Thibault, la plus belle église de l'Auxois, donc du monde.


Le pied d'une statue de l'église de Saint Thibault. On y voit très bien le drapé lourd, ondulé, volupteux, caractéristique de la sculpture bourguignonne.

Enfin, retour à la maison.
Avouez après un tel récit qu'il faudrait être le dernier des sots pour partir en vacances sur une misérable étendue de cailloux brisés par l'érosion sise devant cette accumulation grotesque de Dioxygène, d'Hydrogène et de Chlorure de Sodium qu'on appelle la mer. En une journée à peine, j'ai eu à ma portée plus de 1600 d'histoire de l'art Bourguignon, des paysages verdoyants et une boustifaille à se rompre la panse. Bref, pour les vacances, rien ne remplacera jamais le Sud de la Cote d'Or !
Alors bonnes vacances à tous ! Et à bientôt sur les routes de Bourgogne !

lundi 27 juillet 2009

Cinéma bourguignon

Je ne sais pas si vous l'avez remarqué mais si, dans un but politique, j'ai souvent parlé de littérature, de peinture et même parfois de musique il est un art auquel je n'ai jamais fait la moindre mention, fût-ce elliptiquement : c'est le cinéma. La raison en est très simple, la Bourgogne n'a pas donné naissance au moindre réalisateur, elle n'a jamais produit aucun film et n'a pas même réalisé le plus chétif court-métrage.
Dès lors de quoi pouvais-je parler ?
De rien ?
Autant se taire.
C'est ce que je fis jusqu'à aujourd'hui.
Et puis, grâce aux recommandations d'un lecteur, que je salue amicalement au passage je découvris que malgré l'absence de réalisateur, le cinéma de la Bourgogne libre existait bel et bien... en Angleterre !
Certes pour bien connaître le cinéma de la Bourgogne Libre de longues et laborieuses années d'études ne sont pas nécessaires puisque celui-ci ne se compose que d'un seul film, mais quel film : Passeport pour Pimlico !!

J'avoue avoir d'abord été sceptique en lisant le synopsis de ce film, et puis ma curiosité (auquelle je finis toujours par cèder) l'emporta, et peu à peu la méfiance cèda sa place à l'amusement, qui s'ecclipsa à son tour au profit de l'hilarité, elle même bientôt emportée par l'enthousiasme le plus débridé.
J'avais visionné un chef d'oeuvre !
C'est un film bidonnant et profond, qui contient à lui tout seul tout ce qu'ici j'ai cherché à exprimer.

L'histoire est assez simple. Tout se déroule à Pimlico, un quartier de Londres durement touché par les bombardements de la seconde guerre mondiale. Les habitants du quartier commencent à recontruire leur maison et tâchent de désarmer les dernières bombes que les Allemands ont négligemment oublié sur leur sol. L'une d'elle se trouve au fond d'un grand cratère, et tandis que des experts discutent sur les moyens de la faire sauter, une bande de gamins errants font rouler un pneu sur l'engin qui explose dans une formidable détonnation. Alors, au fond du cratère, les habitants font une incroyable découverte : une cave du XV° siècle, contenant les trésors d'un duc de Bourgogne.
Une vieille historienne, très sympathique, et toute acquise à la cause du duc, nous apprend que Charles le Téméraire ne serait pas mort à la bataille de Nancy mais qu'il serait parti vivre à Londres sous le nom de Maurice de Charolais (!!), et qu'il serait le propritétaire du quartier de Pimlico.
Au début les habitants se trouvent tout étonnés d'apprendre qu'ils sont Bourguignons. Bourguignons ? What is this ?
Et puis très vite ils voient tous les avantages que cela peut leur procurer, le banquier vire son propriètaire, la marchande d'habits exige une taxe d'importation, et surtout le trésor reste dans le quartier, et d'un seul coup, ça y est, tous les gens deviennent Bourguignons. Les enfants courent dans les rues, les gens se mettent à crier de joie "Burgundy ! Burgundy !". Là le film est épatant de gaieté. C'est le bonheur ! L'anarchie ! L'indépendance !
Naturellement tout le monde se retrouve le soir même au bar et fêtent dans la bière l'indépendance de la Bourgogne ! On enquille les binouses ! Les demis passent derrière toutes les cravates. On joue de la musique, on danse, les couples se forment dans un swing du tonnerre !
Soudain un flic apparait. Là on comprend tout de suite, il symbolise l'autorité de l'Angleterre. Il vient mettre fin au tapage nocturne. Là encore on assiste à une scène tout bonnement géniale, quand l'argousin demande ses papiers au propriètaire, celui-ci déchire sa carte d'identité. Bientôt tous les Bourguignons l'imitent et font un grand lancer de confettis avec leurs papiers et la fête reprend de plus belle ! Voila ce que j'appelle de la subversion ! Ah dire un jour à un flic, "retourne en France, ici c'est la Bourgogne" ! rien que pour cela l'indépendance mérité d'être défendue.

Après les problèmes s'accumulent. Le gouvernement anglais, inquiet, passe à l'offensive, il instaure des frontières et coupe l'eau, l'électricité, et le ravitaillement. Les Bourguignons sont inquiets. Ils cherchent à élire un gouvernement, et soudain, qui voient-ils débarquer : le duc de Bourgogne ! C'est un grand type souriant, poli, distingué, qui débarque dans le bar avec ses titres de noblesse, il se présente : il se nomme Sebastien de Charolais (sic !), tout droit venu de Dijon (triple sic !!!) pour venir chercher l'héritage des ducs de Bourgogne. Aussitôt il est acclamé et lui, sans perdre de temps, repart illico aux bras d'une fille charmante.

Le duc fait honneur à l'amour à la bourguignonne

Plus tard dans le film on le voit au clair de lune en train de conter fleurette à la jeune ingénue. Son rêve est de visiter Deejôon (il faut entendre le mot Dijon prononcer avec l'accent anglais, c'est délicieux) qu'elle trouve si romantique. Le duc lui, trouve qu'il y fait un peu froid, mais il se lance quand même dans un vibrant éloge des moeurs locales, "you should see the vendanges", et de la gaieté des vignerons qui se prennent de grosses cuites.

Bon, mais enfin, je ne vais pas vous raconter tout le film, pour la simple mais excellente raison qu'il est disponible gratuitement sur internet (l'ayant su plus tôt j'aurais pu économiser 8 euros, remerciez donc le MLB qui vous fait économiser de l'argent). Le seul problème est qu'il est en anglais non sous-titré. Pour ceux qui n'auraient pas l'heur de comprendre la langue de Swift (car il n'y a aucune raison pour que ce monsieur Shakespeare exerce un quelconque monopole sur cet idiome) je vous conseille de regarder au moins la 4eme vidéo de 3'' à 4''10 la 6eme à partir de 3''20 et enfin la 8 à 3''30, pour voir au moins les scènes que j'ai mentionnées ci-dessus.

Bref, pardonnez-moi de ne pas l'avoir été, mais ce film m'a ravi au plus haut point. Il nous montre à quel point l'indépendance de la Bourgogne est facilement réalisable, et qu'elle nous conduit tout droit à une vie plus familière, joyeuse, légère, sublime et éthylique !
A présent il faut à tout prix réussir à traduire ce film en français et à le diffuser partout en Bourgogne. Quant au réalisateur, Henry Cornelius, nous lui remettrons le titre de citoyen d'honneur.
Et à présent place au film :