jeudi 21 mai 2009

La prophétie

La Bourgogne regorge de trésors.  Son sol est grouillant de chefs d'oeuvre, il pullule de merveilles. Elle dort sur un magot infini. Et le plus triste c'est qu'elle n'en a même plus conscience. 
Ainsi le Puits de Moïse de Claus Sluter...
Ce sommet de l'art occidental !
Bien sûr tous les Bourguignons sont plus ou moins au courant de son existence mais combien d'entre eux prennent la peine d'aller l'admirer ? 
Peu.
Bien peu.
A peine quelques bourguignonistes forcenés et quelques inconditionnels panégérystes de l'art absolu  dont je m'honore de faire partie.  
Moi-même j'ai d'ailleurs longtemps différé cette visite.  Il est vrai que l'accès n'en n'est pas aisé. Il faut longer longuement l'autoroute sur un petit pan étroit de trottoir mal goudronné, supporter le pénible bruit des trains et l'âcre odeur des pots d'échappement qui toxiquement, dans un nuage évanescent, vous envoient leur grise fumée dans la cavité pulmonaire, il faut aussi endurer sans abri les tourments de la pluie ou du soleil, en un mot il faut faire tout le tour de l'hopital.
Mais l'effort n'est pas vain ! Car ce qui attend le voyage un peu curieux et téméraire dépasse tous ses espoirs. Vous qui entrez dans cet hôpital psychiatrique, découvrez l'espérance !
Avant de découvrir le puits lui-même il faut errer quelques temps dans un immense jardin, peuplé d'aliénés au cerveau amoindri, et enfin on le découvre, au fond d'une grande cour blanche, comme une apparition, c'est lui, c'est bien lui, on ne rêve pas, le cauchemar prend fin, la beauté devient réelle, déjà la Bourgogne semble se libérer car il est là : le fameux Puits de Moïse !


Oubliez toutes les photographies que vous avez pû en voir. Moi aussi je croyais connaitre cette sculpture sous toutes ses coutures, mais il me suffit de jeter coup d'oeil même fugace sur le puits pour oublier tout ce que je croyais savoir à son sujet. 
J'ai visité le Louvre, j'ai trainé mes savates au Prado et mes babouches à Tanger, j'ai crapahuté à Venise, je me suis baguenaudé à Bruxelles, j'ai musardé à Londres, tournaillé à Dunkerque et launé à Berlin, et bien je l'affirme sans frémir, je n'y jamais rencontré oeuvre digne de celle-ci. 
Elle surpasse tout ce que la sculpture a pu produire, et humilie tranquillement 30 000 ans d'histoire de l'art. 
Ces pauvres hommes des cavernes en auraient avalé leurs menhirs, quant à Phidias, la vue d'une telle merveille l'aurait illico renvoyé se faire voir là d'où il vient (c'est-à-dire chez les Grecs).
Il faut voir le regard terrible de ces prophètes, la finnesse de leurs traits où la moindre ride dessine disctinctement leur visage surhumain. On se prend à s'étonner de leur mutisme en voyant ces bouches qui semblent s'animer, on croit entendre gronder leur voix dans le ciel même. L'effet est saisissant. On à peine à croire qu'il ne s'agit que de pierre taillée. Ces statues là vivent. Elles vivent de la vie puissante des prohètes de la Bible. On sent que ces regards inquisitoriaux, d'une force glaçante, se sont déjà posé sur Dieu lui-même. 
C'est une oeuvre effroyable et sublime. 
Pour moi elle marque la parfaite synthèse entre l'art gothique et l'art renaissant. 
Qu'on s'entende. Je porte la plus vive admiration pour l'art italien de la Renaissance, c'est lui qui a poussé le plus loin la perfection technique, mais j'ai toujours trouvé qu'il y avait quelque chose d'affecté. On sent la pose et l'afféterie, ce qui s'explique sans difficultés par la corruption des moeurs des artistes de cette époque. En un mot, lorsque j'observe les satues italiennes, ce n'est pas à l'Olympe que je songe mais plutôt à un défilé d'invertis.
L'art gothique me plait bien davantage. Il a une simplicité qui le rend bien plus touchant, et son aspect impersonnel le rend plus solennel et donc plus religieux. Mais il conserve toujours une certaine raideur, une certaine maladresse un peu gênante.
Le puits de Moïse accomplit ce miracle de mêler à la perfection technique la profondeur de l'âme. 

Comment rester français après un tel spectacle ? 

L'isolement du Puits rend sa visite plus agréable puisqu'elle empêche d'être dérangé par des cohortes de touristes imbéciles. 
Autour de moi quelques aliénés paraissaient partager mon émerveillement. L'un d'eux assis sur un banc penchait son visage sur son épaule, la bouche aussi béate que la mienne, laissant échapper un abondant filet de bave sur sa belle camisole blanche. 
Un autre à l'enthousiasme plus expansif donnait frénétiquement de formidables coups de tête à un châtaigner (j'ignore ce que lui avait fait ce pauvre fagacé).  Deux infirmiers aux épaules de bûcherons vinrent mettre un terme à l'inégale lutte entre cet arbre et ce demeuré, visiblement pour l'emmener prendre une petite douche, qu'il avait d'ailleurs bien mérité.
De toute évidence, une oeuvre d'une telle force n'est pas sans dommage pour la raison. 

Je restai près de deux heures bouche bée, en extase devant ce miracle bien réel. Quand mon hébétude commença à endolorir ma mâchoire je me décidai à rentrer. 
Je rentrai chez moi lentement, les yeux encore éblouis.
Que dire en conclusion ? 
Rien.
La pierre m'a prouvé sa supériorité sur toute littérature. 
Allez-voir le Puits de Moïse, il surclasse toute description. 
Et là bas, dans cet asile de déments, à la périphérie de Dijon, en regardant Daniel droit dans son regard de feu vous comprendrez ce qu'est vraiment la Bourgogne. Car cette oeuvre en est la plus parfaite définition, elle nous montre ce qu'elle est et ce qu'elle peut accomplir, et ce qu'elle prophétise solennellement c'est sa libération prochaine !

mercredi 13 mai 2009

Les Bourguignons contre la France

A en croire la plupart des historiens français (mais il faudrait être naïf pour croire aux fantasques élucubrations de ces charlatans), l'histoire de Bourgogne se serait arrêtée net en 1477. Comme si, à la mort de Charles le Téméraire, tous les Bourguignons s'étaient tous francisés d'un seul coup. Comme s'il y avait eu une francisation bubonique, plus rapide que la peste du même nom. Ai-je véritablement besoin de vous préciser l'extrême modération avec laquelle nous acceptons une telle opinion ? Il suffit d'ailleurs de se pencher un peu sur l'histoire pour que le mascaret de la vérité vienne déferler en déluge sur le château de sable de la propagande. 

En réalité la Bourgogne a toujours été l'éternel foyer de l'anti-France. Le massacre de français fût même longtemps pratiqué comme un sport de loisir, au même titre que la pêche à la ligne. Jamais la Bourgogne ne se considéra comme française, et elle ne manqua pas une occasion de le rappeler à ses envahisseurs. Ainsi dès 1477, alors que les Français venaient d'occuper leur ville, les Dijonnais firent immédiatement savoir aux agonis hexagonaux ce qu'ils pensaient d'eux. Ils se soulevèrent tonitruamment dans une émouvante émeute, une hache à la main et une bouteille de rouge dans l'autre. Pas une maison des partisans de la France ne fût épargnée, tout fût renversé, pillé, vengé. 
Ce fût le micmac de la mutemaque ! 
La colère des alcoolos ! 
La bourrée des bourrés ! 
Il faut imaginer cette foule splendide, avinée, déferlant furieusement dans les rues dijonnaises aux cris de « vive la Bourgogne ».  Ah puissions-nous revivre des heures aussi intenses, des joies aussi absolues, des extases aussi aigües. Puissions-nous revoir les français fuirent à toute jambe l'éthylique enthousiasme des Bourguignons libres !

Si elles ne se méfient pas, nos élites pourraient bien voir un jour leurs belles maisons finir en grillade.

La mutemaque était dirigée par l'impavide Chrétiennot Vyon, un épicier ruiné qui fût en quelque sorte le créateur de ce mouvement dont nous ne sommes que les héritiers : le mouvement de libération de la Bourgogne. Il conduisit la troupe de ces héroïques résistants (venus pour la plupart du quartier Saint-Nicolas) devant le Président du Conseil de Bourgogne, alors nommé Jouant, pour lui demander d'acclamer la duchesse Marie de Bourgogne. A cette honnête proposition ce dernier opposa son refus le plus catégorique. Vyon usa de toute la force de son éthylique dialectique pour faire fléchir le Président. En vain. Ne renonçant pas à l'idée de convaincre pareil entêté Chrétiennot eut recours à des arguments plus efficaces, quoiqu'un rien plus rudes, en lui enfonçant son poignard en plein coeur. A défaut de bourgogniser ce collabo, cela eut au moins pour effet de lui inculquer une mémorable leçon de respect. Malheureusement (et vous vous en doutez) Louis XI fut peu sensible aux revendications pourtant bien légitimes de cet affable épicier, et le 7 juillet 1477 il pratiqua publiquement une décollation de son sinciput, dont Chretiennot Vyon ne put jamais se remettre puisqu'il mourut sur le coup. 
Puis le calme revint. 
Du moins en apparence.
Car dès le mois décembre, bing !!  re-belote, re-émeute, re-pillage et re-décollation encéphale des émeutiers. 
Qui pourra encore soutenir que les Bourguignons veulent être français ?
Ensuite ? 
Croyez-vous que le calme revint ?
Que nenni !
Les Dijonnais ne laissèrent pas le temps aux occupants de souffler, qu'à peine 153 ans plus tard, en 1630, Dijon se souleva à nouveau. Cette fois le peuple avait de bonne raison d'être pris de fureur : Richelieu voulait alors imposer une nouvelle taxe sur le vin. L'insensé ! S'en prendre au vin ! C'était comme vouloir priver les Allemands de bière ou les Sénégalais de bananes. La réaction fût immédiate. L'émeute fût cette fois appelée le Lanturlu (même dans leurs accès de violence, les Bourguignons conservent leur bonhommie en trouvant des noms rigolos à leur frénésie meurtrière). Elle fût conduite par un authentique héros, un des bourguignons libres les plus illustres : Antoine Changenet, dit le roi Machas ! Il avait gagné son titre royal au carnaval et conduisait ses troupes vêtu de son long manteau bariolé et magnifiquement coiffé d'une couronne de lierre. Quel panache ! C'est dans cette tenue élégante et somptueuse qu'il incendia brutalement les demeures des puissants de la ville, pour bien faire comprendre à ces traitres ce qu'il en coute de soutenir la France. 
Louis XIII (pour qui j'ai toujours éprouvé une certaine sympathie en raison de l'éclatante beauté de sa moustache) est obligé d'intervenir en personne pour mettre fin au soulèvement de la Bourgogne. D'une plus grande mansuétude que son aïeul, il ne procéda à aucune décapitation, il se contenta de pendre une poignée de personnes puis de les découper en tranches et d'exposer leurs membres hachés aux portes de la ville. 
On imagine plein de rancoeur ce roi arrogant plastronner sur l'actuel place Wilson devant cet étal de boucherie de Bourguignons. Mais il peut bien ricaner ce roi présomptueux et cruel, il peut bien lisser du bout des doigts sa fine moustache (dont il a bien raison de s'enorgueillir, car quelle moustache !), il en est un au même moment qui rit plus fort encore : c'est le roi Machas qui a sut lui échapper en se réfugiant à Chenôve (là où moi-même je nacquis. Coincidence ? Qui le croit est un sot). 

Vive l'immortel roi Machas !

Mais ce n'est pas tant dans un but historique que je vous décris ces émeutes, mais bien à des fins politiques car elles nous prouvent que Dijon n'a jamais accepté sa soumission, et la France n'est pas à l'abri d'une nouvelle révolution qui pourrait bien cette fois être la dernière.

Il est toujours bon de le rappeler.

mercredi 29 avril 2009

Propagande moderne (2)

Qualifier l'opération "des autocollants pour une Bourgogne Libre" de succès serait faire de ce mot un synonyme de désastre, de fiasco, de bide. Si on parlait de triomphe on se rapprocherait de la vérité, tout en lui restant considérablement éloignée.
Oui le MLB peut être fier de cette opération, qui a permis de mesurer l'ampleur du soutien dont il bénéficie en Bourgogne. Les messages d"encouragement, tous plus chaleureux les uns que les autres, ont afflué et les autocollants que nous avons distribué n'ont été que la mince récompense de cette fraternelle générosité bourguigonne.
Aujourd'hui le MLB peut s'enorgueillir de bénéficier d'appuis dans la Bourgogne entière (à l'exception notable mais néanmoins inexplicable de la Nièvre. Pourquoi ? C'est là une question à travailler). Une étape à donc été franchie, qui pourrait nous conduire bientôt à la formation officielle d'un parti légalement constitué.
Ce sont donc plusieurs centaines d'autocollants qui ont recouverts les murs de la Bourgogne entière, puisqu'il en a été distribué : à Dijon, Auxerre, Besançon, Mâcon, Beaune, Semur-en-Auxois, Nuits-saint-Georges, Vosne-Romanée, Talant, Asnières-lés-Dijon, Saint-Romain-desIsles, Esnon, Saint-Julier-du-Sault, Alise-sainte-Reine, Aloxe-Torton, Quemigny-Poisot, Rennes, Lyon, Paris (au coeur même du territoire ennemi) et même... Toronto (donnant ainsi une dimension internationale à notre mouvement, et scellant le début d'une amitié québecquo-bourguignonne que nous espérons féconde).
Voici quelques photos qui devraient en boucher un coin à tous les sceptiques et réjouir tous les Bourguignons libres :

Rue Berbisey, à Dijon.


Dijon, place de l'Indépendance (aujourd'hui nommée place de la Libération, mais puisque tôt ou tard elle finira par être nommée place de l'Indépendance, autant s'y habituer dès à présent).


Dijon, marché des halles.


Les vélodis au service de la révolution bourguignonne.


Le fronton de la mairie de Semur en Auxois.



Chez les autonomistes franc-comtois, à Besançon.


Vercingétorix, le père de la résistance bourguignonne.


Une jeune indépendantiste s'apprête à se livrer aux délices de l'amour à la bourguignonne.


Encore merci à tous pour votre soutien. Bien sûr des autocollants sont encore disponibles, n'hésitez pas à nous en demander par simple courrier à cette adresse :
charles_le_temeraire @ hotmail.fr (sans les espaces).
Toutes les photos sont également les bienvenues.
Vive la Bourgogne Libre !

dimanche 19 avril 2009

L'escargot, notre emblême !

Quel plus noble symbole pour représenter la Bourgogne que l'escargot ?
Les sots essayent parfois de railler notre mouvement par le slogan "la Bourgogne aux escargots". Sans doute pensent-ils, dans leurs amorphes cervelles de francisés, nous humilier en nous assimilant aux escargots, mais c'est pour nous un orgueil ! Que dis-je ? Un prestige ! Le plus honorifique de tous les titres de gloire !
L'escargot est l'animal bourguignon par excellence.


L'escargot, ce fameux prince des mollusques, ce sublime empereur des gastéropodes.

Certes à première vue l'escargot peut paraitre un symbole peu flatteur, il est visqueux, gluant, rampant, d'une élégance extrêmement modérée et d'une rapidité qu'on ne saurait qualifier d'excessive.

Arborer un escargot en guise d'animal de compagnie ne vous vaudra qu'un universel mépris, et n'escomptez surtout aucune sorte de succès auprès de la gente féminine en lui exhibant votre sympathique compagnon à cornes, vous ne récolterez que l'expression de son dégout, parsemée de violentes imprécations contre ce qui sera considérée comme votre extravagance.
Du reste, en tant qu'animal de compagnie, il faut bien convenir que l'escargot présente un intérêt tout à fait relatif. Peu affectueux, dénué de toute forme de reconnaissance, ce n'est pas l'escargot qui vous permettra de meubler votre solitude. Préférez-lui un mammifère.

Rendons-nous à l'évidence, les escargots sont mal aimés.
Ils sont mal aimés car ils sont mal compris.
Car en réalité, pourvu qu'on s'y intéresse un peu, on s'aperçoit bien vite que l'escargot est un animal remarquable, sympathique, débonnaire, chaleureux, bourguignon en somme.Qu'a-t-il de bourguignon ?

Tout d'abord l'escargot est un voluptueux. Un hédoniste Un sybarite. Il aime les plaisirs et s'y livre avec passion. Le jour de la Création, lorsqu'Epiméthée fût chargé de donner des qualités à chaque espèce vivante il leur proposa plusieurs pairs de membres. Voyant que toutes les autres espèces terrestres se précipitaient sur ces grossiers attributs (certaines espèces allant jusqu'à s'en octroyer mille), l'escargot fit la finne bouche et dédaigna ces protubérances vulgaires qui font perdre au ventre toute sa noblesse. Il opta donc pour le plus raffiné de tous les modes de locomotion : la reptation salivaire.
Ceux qui se récrient contre cette méthode en la trouvant sale ou répugnante sont des sots. En réalité il n'existe rien de plus sensuel que de laisser son corps glisser lentement sur de la bave, surtout la sienne. C'est comme flotter sur un nuage, c'est un un pur abandon de soi dans la profondeur des sens, un mépris de la pesanteur, une caresse permanente. L'homme d'ailleurs ne s'y est pas trompé, puisqu' il a cherché à reproduire cette sensation par le biais des toboggans aquatiques. Mais leur trop grande célérité écoeurerait n'importe quel gastéropode digne de ce nom, qui, s'il était pourvu d'épaules, les hausserait avec mépris devant cette grossière imitation.

Aujourd'hui la sensualité de l'escargot n'est plus remise en question.

Son caractère de bon vivant ne s'exprime pas seulement dans ses moyens de transport, mais aussi dans son formidable apétit. Livrez une salade à un escargot et observez avec quelle voracité il dévore ce légume, alors vous ne douterez plus qu'il s'agit bien d'un de nos compatriotes.

L'escargot est un voluptueux mais c'est aussi un artiste. Il fabrique lui-même sa maison, en architecte consciencieux, et pour ce faire, n'a recours a aucun matériau extérieur à lui-même (ce qu'il jugerait éminemment trivial et indigne de lui), il ne se sert que de sa précieuse salive.

Enfin l'escargot est sans doute la créature vivante qui, après le bourguignon, a poussé le plus loin l'intensification de ses plaisirs sexuels. Homme, femme, , les escargots ne s'arrêtent pas à ce genre de détails, quand ils veulent foutre ils foutent, et leur coït est une orgie de bave, d'écume, de sperme et d'ovule en tous genres. Leurs corps entiers s'entremêlent et coulissent sur les flots de salive dont ils se recouvrent avec délectation. C'est un bain de salive,une inondation de foutre.
Oui, nous sommes fiers d'avoir cet animal pour emblême, cet ami de tous les plaisirs dont nous voulons imiter la sincère originalité.

Notre histoire est d'ailleurs étroitement liée à la sienne. La consommation des escargots remontent à l'époque romaine, mais dès cette époque la Bourgogne est réputée pour la saveur de sa faune. Au Moyen Age, à l'époque des ducs de Bourgogne, l'escargot devint un plat réservé à la noblesse. Les ducs s'en délectaient le plus souvent possible, ils organisaient même des chasses, avec chiens pour en capturer, le flair de ces canidés permettant de trouver les nids les plus dissimulés. Mais c'est surtout au XIX° siècle que la Bourgogne se fit connaître pour cette spécialité gastronomique qui était alors tombée dans l'oubli et que l'"escargot de Bourgogne" devint presque aussi fameux que notre vin.
Toutefois, bien qu'il fût apprécié culinairement, sa noblesse ne fût jamais entièrement reconnue, et je crois qu'aucun seigneur n'osa s'en servir en guise d'écusson. Allez savoir pourquoi.

Une fois de plus je me vois dans l'obligation de conclure mon article par un cri d'alarme. En effet l'authentique escargot de Bourgogne est en voie d'extinction, exterminé par les pesticides en tous genres, auxquels sont contraints d'avoir recours nos agriculteurs, étranglés par les contraintes productivistes de l'Europe et des grandes chaines de distribution.

"Pitié, épargnez-moi ! Je ne mérite pas de disparaître".

Ah bien sûr quand les mignons petits phoques aux grands yeux attendris se prennent de grands coups de piques dans le crâne, bien qu'ils ne soient nullement menacés, tout le monde s'émeut, les stars interviennent dans les médias et de pathétiques images sont lancés pour nous émouvoir. Mais qui se soucie de la disparition des escargots de Bourgogne ?
Personne !
C'est un scandale authentique qu'il faut dénoncer !
C'est la même différence de traitement pour la même injustice que celle dont nous souffrons par rapport aux Tibétains, c'est-à-dire que la justice est supplantée par l'exotisme, et seules les causes médiatiques sont désormais considérées comme légitimes.
Sauvons les escargots de Bourgogne !

NOTA : J'ai écrit dans cet article qu'aucun chevalier n'avait pris l'escargot pour écusson. Rien ne vient démentir cela, toutefois en lisant un ouvrage d'Emile Male, j'apprends que sur l'ancienne maison du Miroir à Dijon (aujourd'hui disparue mais dont la ville a conservé la mémoire) figurait un bas-relief représentant un chevalier fuyant devant un escargot, ce qui prouve que les Dijonnais ont eu très tôt conscience de la valeur de ce fier animal.

lundi 23 mars 2009

L'amour à la bourguignonne (2)

Dans un précédent article (que je vous invite à lire au plus vite si vous n'avez pas encore eu le bon gout de le faire), je vous avais révélé l'existence d'une forme d'amour propre à la Bourgogne : l'amour dit « à la bourguignonne ». Les sens électrisés par le récent retour du printemps je ne résiste pas à l'envie de vous entretenir de façon plus détaillée de cette facette si plaisante de notre culture.
La lubricité des Bourguignons commence dès leur plus jeune âge, et leur précocité est à ce titre particulièrement remarquable : c'est à 6 ans que le jeune Charles le Téméraire foutit sa première donzelle, la jeune et charmante Catherine de France, de 12 ans à peine, et à qui il venait tout juste d'être marié. Mais Charles est un étalon bourguignon de tout premier ordre et la plupart d'entre eux (à commencer par votre serviteur) font seuls leur initiation à la sexualité par la pratique de la masturbation, génialement célébrée par l'un de nos plus grands poètes : Alexis Piron. C'est priapiquement que les adolescents bourguignons font jaillir le foutre de leurs vits encore glabres, par litres entiers. Les records de consommation de mouchoirs en papier en Bourgogne prouvent d'ailleurs qu'ils font partie des plus grands masturbateurs d'Europe (surtout quand on sait que, robustes, les Bourguignons sont peu sensibles aux rhumes et qu'ils utilisent de préférence des mouchoirs en tissu). Puis vient l'époque du collège, époque bénie où les jeunes filles en fleurs se font défleurer, commence alors pour le Bourguignon une longue période de rut ininterrompu, qui ne s'achève qu'à son décès. Quiconque a déjà travaillé dans un hospice en Bourgogne sait pertinemment que la la frénésie libidineuse de nos octogénaires n'a rien à envier aux plus jeunes d'entre nous.

Aaaahh.... Bourgogne !

L'amour à la bourguignonne est impétueux, exalté et sensuel. Il a su se débarrasser de toutes les puérilités qui encombrent trop souvent la volupté des sens, à savoir : les sentiments, la tendresse ou encore la fidélité (qui sont les maladies infantiles de l'amour). Il n'exclut pas la galanterie, mais il ne s'encombre pas ensuite de toutes les lourdeurs du couple. Quand le Bourguignon parle d'amour, c'est en brandissant son sexe. Charmeur, le Bourguignon déploie tout son esprit pour courtiser l'objet aimé, mais quand il a reçu d'elle un acquiescement plus rien ne saurait le retenir, et son coït est plus proche du viol que de l'amour courtois. Quant aux femmes elles ne sont pas en reste, et quiconque n'a jamais couché avec une bourguignonne ignore tout du véritable sens du mot éjaculation. La bourguignonne est rude mais plantureuse. Pas franchement bêcheuse, on ne saurait qualifier ses cuisses d'inflexibles, mais gare au vit mal préparé car son con est semblable à un puits sans fonds, plus d'une bite s'y sont égarées. Le Bourguignon ne languit pas de désespoir à l'idée d'être éconduit. S'il boit un calice jusqu'à la lie, ce n'est pas celui de la mélancolie, mais une coupe pleine de foutre. Repoussé, il se console très facilement entre les cuisses d'une autre, moins bégueule. L'idée qu'on puisse se suicider pour les yeux d'une femme lui est parfaitement étrangère. D'ailleurs l'idée même du suicide parait absurde à celui pour qui la vie n'est qu'un océan de volupté, pas un seul de nos grands hommes n'y a eu recours.
Il est remarquable de voir que la littérature bourguignonne, plus qu'aucune autre, regorge d'écrivains libertins : Piron, Nerciat, Crébillon, La Monnoye, Denon, Restif de la Bretonne, Bussy-Rabutin, sans oublier la troubante Valentine de Saint-Point dont le Manifeste de la luxure est un véritable hymne à l'amour à la bourguignonne. Sade lui-même se rendit plusieurs fois à Dijon et rendit hommage à sa prodigieuse sexualité dans la Nouvelle Justine. En revanche, on ne compte qu'un seul écrivain romantique : Lamartine, mais en se présentant à la présidence de la république française il nous a prouvé qu'il appartenait bien davantage à ce pays qu'à la Bourgogne, et c'est sans regrets que nous rendons à la France cet odieux geignard dont les pleurnicheries nous ont toujours insupporté (quant à Bertrand et Forneret, leur originalité les situe bien au délà du romantisme et il n'y a que les historiens paresseux qui les classent dans ce courant littéraire pénible et parfaitement étranger à l'esprit bourguignon).

Lamartine, le bande-mou des lettres bourguignonnes.

A quoi tient le formidable développement de cette lubricité des plus insatiable dans nos contrée ? Question ardue qui mériterait un approfondissement beaucoup plus poussé. Je me permets toutefois d'avancer l'hypothèse de trois facteurs explicatifs. Le premier est d'ordre historique : le long trajet entrepris par les Burgondes pour parvenir jusqu'ici se traduisit par une immense frustration sexuelle, qu'ils durent combler avec férocité lorsqu'ils atteignirent leur destination, et le souvenir de ces prouesses lascives resta dans les moeurs bourguignonnes (la France moins chanceuse fût envahie par les Francs dont la pusillanimité érotique faisait la risée du monde barbare). Cette explication n'est qu'à moitié satisfaisante car elle suppose que cette forme d'amour daterait des invasions barbares ce qui n'est pas le cas. On sait bien que ce n'est pas seulement dans un but stratégique que Vercingétorix installa ses armées à Alésia, mais aussi pour profiter des petites Mandubiennes, les plus savantes suceuses de la Gaule chevelue. La seconde hypothèse, bien plus probable, est d'ordre géographique. La France se compose d'immenses plaines, dont la monotonie et la platitude poussent naturellement au ramollissement du vit, mais aussi de hautes montagnes, qui, par leur turgescence et leur dureté rocheuse insufflent d'incurables complexes à tous les fouteurs, provoquant une impuissance sexuelle massive (toutes les femmes qui ont déjà couché avec un Suisse ou un Savoyard ne me contrediront certainement pas). La Bourgogne au contraire est formée de collines grasses, aux formes féminines, qui érotisent instinctivement les sens. De plus le châtaigner y pousse en abondance, et l'on sait combien l'odeur de sa fleur est proche de celle du sperme. Enfin dernière explication : on n'ignore pas qu'Eros et Dinoysos vont toujours de pair, et rien n'invite aux voluptés spermatiques comme le bon vin, toujours libéralement consommé par les gosiers de nos compatriotes, pour le plus grand plaisir des ovaires bourguignonnes.

Aphrodisiaques paysages de l'Auxois.

Qu'on se le dise, la révolution bourguignonne sera donc aussi une révolution sexuelle !


Le combat pour l'indépendance passe aussi par la promotion la plus active de l'amour à la bourguignonne, aujourd'hui gravement menacé par l'amour à la française, psychologique et sentimental, qui se répand sournoisement dans les moeurs, via la presse féminine notamment, dont l'idéologie est pernicieusement anti-érotique (encore que l'Yonne ait su ces dernières années opposer une résistance assez farouche à toutes formes de sentimentalisme).

Aussi c'est le sexe tendu et les cuisses écartées que nous marcherons vers notre libération !

vendredi 27 février 2009

Vers la réunification des deux Bourgogne

Partout en Bourgogne, des troquets du Creusot aux caboulots de Pouilly-en-Auxois en passant par les bisrots de Toucy et les bars à vin de Louhans ce n'est qu'une même rumeur, un même bruit qui court sur toutes les lèvres, un unique bredouillement : il parait que la Bourgogne et la France Comté vont fusionner.
La nouvelle est tombée comme une bombe, presque aussi percutante qu'un missile shavite lancé sur Gazah.
Déjà notre boite aux lettres et même les commentaires de ce site sont submergés d'interrogations, chacun attend avec angoisse que le MLB se prononce enfin.
Et bien nous ne faillirons pas à notre rôle de porte parole de la Bourgogne Libre et nous n'hésitons pas à lancer un formidable HOURRAH à l'annonce de ce projet.

La Bourgogne et la Franche-Comté sont et ont toujours été une seule et même région. N'oublions pas que le terme de Comté désigne le Comté de Bourgogne ! Du temps où la Bourgogne était libre, sous l'alme règne des ducs de Bourgogne, la Franche-Comté était à nos côtés, elle était encore à nos côtés quand ces ducales seigneuries se battaient contre ces butors de Français et c'est la Franche-Comté qui a poursuivi pendant des siècles le combat du Téméraire sous la bannière de Saint-André. Je me permets de citer wikipédia qui est très clair sur le sujet :

"Croix de saint André
Aussi dite « de Bourgogne », la croix de saint André fait partie de l'héritage bourguignon légué à la Franche-Comté après la chute des ducs-comtes de Bourgogne. Lorsque les guerres du XVIIe siècle opposent la France et la Comté (alors dernière terre bourguignonne), cet emblème anti-français est fréquemment arboré par les patriotes comtois."

On ne saurait être plus limpide.
Si l'on avait suggéré à Jean sans Peur que Besançon n'était pas une ville bourguignonne il vous aurait projeté au visage son haleine avinée dans un tonitruant éclat de rire.

Déjà du temps des Burgondes nos deux régions n'en formaient qu'une, pourquoi voudriez-vous les séparer aujourd'hui ?

Car finalement qui a séparé la Bourgogne de la Franche Comté ? Ce sont les français (et oui, eux-mêmes, encore et toujours eux ! Avez-vous remarqué la prodigieuse propention de ces gens là à se nicher derrière tous les sales coups ? Comme les mouches flairent le bran, les français savent toujours halener la scurrilité et s'y vautrer avec délectation). C'est Louis XI, qui, en envahissant la Bourgogne a donné le coup de scalpel qui sépara momentanément ces deux régions siamoises. Charles Quint plus tard voulut reprendre la Bourgogne, et la Franche Comté mena de rudes guerres pour y parvenir, hélas, l'histoire en décida autrement et ce fût Louis XIV qui annexa la Franche-Comté, en prenant grand soin de la séparer de la Bourgogne, c'est-à-dire d'éloigner la mèche de la poudre qui aurait pû lui sauter au visage.


Allégorie bridée de la Bourgogne et de la Franche-Comté.

Aujourd'hui, est-ce inconscience ? est-ce bêtise ?, la France veut à nouveau réunir ces deux pays qui en fait n'en n'ont toujours formé qu'un seul. Ce sera pour nous l'occasion d'unir nos forces aux autonomistes franc-comtois contre la France et pour l'indépendance du grand duché d'Occident.

Dans toute la classe politique franc-comtoise et bourguignonne ce n'est qu'un même rejet de cet enthousiasmant projet. Ces cloportes collabos, pour qui le peuple bourguignon n'est qu'un marchepied dans leurs mesquines carrières lancées à pleine vitesse vers les petits fours des palais parisiens, ont tous peur de perdre leurs privilèges. Je crois que le sommet de la bêtise a été atteint par une dénommée Marie-Guite (??) Dufay (!!), une femme (mais oui) soit disant présidente (aïe aïe aïe) du conseil (ben voyons) régional (de mieux en mieux) de Franche-Comté (sic), membre du PS (n'en jetez plus), qui déclare sans vergogne : " la région n’est pas une construction technocratique, mais la reconnaissance d’une identité forgée par l’Histoire". L'Histoire elle ferait bien de l'apprendre, elle y découvrirait que la culture de nos deux régions est la même (avec ses variantes bien entendues). J'ignore si cette dame est la descendante de Guillaume Dufay, mais je ne saurais que trop lui conseiller de réécouter la Messe "Se La Face ay Pale" avant d'ouvrir sa boite à cancoillote.

Elle ajoute par la suite qu'elle veut éviter la polémique : c'est raté.

Alors bien sûr il y a encore une foultitude de détails qu'il faudra règler : quelle sera le nom de cette région ? quelle en sera la capitale ? Comment concilier l'art roman du brionnais avec les églises baroques de Besançon ? comment accomoder la cancoillote avec des escargots ? Mais tout cela se résoudra car ces légères différences culturelles ne sont au fond que les variations jouées par deux orchestres sur un même thème : celui de l'âme bourguignonne !
Vive la Bourgogne ! Vive la Franche-Comté !
Vive la Bourgogne Libre !



La future carte administrative ? Ora pro Burgundiae.

samedi 14 février 2009

Propagande moderne !

Je vous avais parlé dans mon précédent message d'une idée que m'avais suggéré l'exploit de ces jeunes agitateurs bourguignonistes, et bien cette idée la voici, en image :



Et non vous ne rêvez pas ! Les Bourguignons Libres les espéraient, les patriotes français angoissaient à cette idée, mais ils sont là : ce sont bien des autocollants de la Bourgogne Libre !
Cette fois le Mouvement de Libération de la Bourgogne passe à la vitesse supérieure dans la propagande. Les activistes qui ont déjà participé à des opérations de sabotage idéologique savent que le moment où l'on inscrit son message est toujours délicat car il peut vous faire pincer, avec un autocollant la propagande est rapide, sûre, efficace. Déjà, à l'heure ou j'écris ces lignes des dizaines d'autocollants ont été affichés à Dijon, Besancçon, Paris ou Semur, et ce n'est qu'un début. Une opération de plus grande envergure sera lancée la semaine prochaine à Dijon, aussi ouvrez l'oeil dans les rues, les facs et bien sûr les bars, vous pourrez tomber sur l'une de ces petites bombes qui vont faire grincer bien des dents et susciter bien des enthousiasmes.

L'objectif bien entendu c'est que ce slogan entre dans toutes les têtes, qu'il devienne une évidence aux yeux de tous les Bourguignons.
Voilà pourquoi vous pouvez vous associer à cette formidable entreprise.
Comment ?
Rien de plus simple, écrivez moi là :