dimanche 25 août 2013

Cuba est avec nous !

Cet été, alors que je pérégrinais dans les Caraïbes, c'est avec une extrême satisfaction que je vis que le gouvernement cubain, fidèle à son esprit révolutionnaire, apportait son soutien le plus ferme au Mouvement de la Bourgogne Libre, et ce, de la manière la plus claire, puisqu'il n'avait pas hésité à faire flotter sa bannière aux côtés de son propre drapeau :

 Les drapeaux de Cuba et du M.L.B. qu'un souffle de liberté anime !

Oui, que nos ennemis se le tiennent pour dit : désormais le MLB n'est plus un simple groupe isolé, mais il fait partie d'un mouvement révolutionnaire d''émancipation des peuples, d'ampleur internationale !

Bien sûr, certains pourront trouver ce soutien surprenant. En réalité, il est parfaitement logique, et il suffit d'observer certains similitudes absolument frappantes pour s'en convaincre :



Hasta la victoria siempre, companeros !

jeudi 11 juillet 2013

Libération de la Bourgogne à vélo

C'est les vacances, enfin ! L'été est là, la nature nous appelle, la campagne bourguignonne s'offre à nous !
C'est l'occasion de la parcourir, pour enfin la libérer, comme cette petite vidéo en fait la démonstration :


mardi 18 juin 2013

Le Samoa au secours de la Bourgogne

La nouvelle n'a pas fait grand bruit dans la presse française (et on en devine les raisons), mais l'évènement est peut-être historique. L'ONU semble enfin décider à sortir de sa léthargie. Si Bang Ki Moon, en effet, s'entête à demeurer sourd à nos légitimes appels, l'assemblée générale de l'ONU est quant à elle plus prompt à agir, et à agir vite, puisqu'elle vient de sommer la France d'organiser un référendum sur la décolonisation de ses territoires polynésiens. Cette initiative, qui a provoqué l'ire de la France et des Etats Unis fut à l'initiative de 5 courageux pays que sont les îles Salomon, Nauru, Tuvalu, Samoa et le Timor Oriental.
Constatant avec plaisir que ces quelques Etats du Pacifique ne semblaient pas insensibles à la cause des peuples colonisés, je me suis empressé de me saisir de mon plus beau stylo bic pour écrire au souverain du Samoa et lui demander de faire pour la Bourgogne ce qu'il venait de faire pour la Polynésie française.
Voici la missive que j'envoyai à cet auguste souverain :




A présent il n'y a plus qu'à attendre que le Samoa agisse et gageons que dans peu de temps, la question bourguignonne devrait agiter les hautes sphères de la diplomatie internationale.

Cher Tupua Tamasese Tupuola Tufuga Efi, toute la Bourgogne compte sur vous !

mardi 30 avril 2013

Sens est-elle une ville bourguignonne ?

Il est une question que l'on soumet souvent au MLB, et qui est celle des frontières de la Bourgogne indépendante. A cela, j'avais pris coutume de répondre qu'elles seraient celles de l'actuelle Bourgogne et de la Franche-Comté, ce qui me parait être la solution la plus simple et la plus consensuelle. Mais en étudiant les choses de plus près, je m'aperçus qu'il existait, entre la France et la Bourgogne, un très vieux contentieux, semblable à celui de l'Alsace pour la France et l'Allemagne : le Senonais !

Situé dans les régions hyperboréennes de la Bourgogne, le pays senon ne se trouve qu'à quelques kilomètres de Paris, dont il subit avec le plus de force les fétides émanations de tiédeur et de cartésianisme. Historiquement déjà, la question senonaise a toujours été problématique. Sens ne fut en effet bourguignonne ni à l'époque des Burgondes, ni à celle des grands ducs de Bourgogne. Elle fut pourtant incorporée au royaume burgonde du bon roi Gontran ainsi qu'au premier duché de Richard 1er le justicier. C'est à la Révolution française que Sens fut définitivement rattaché à la Bourgogne, de sorte que la culture bourguignonne y a largement pénétré au cours des deux cents dernières années. Intrigué par cette épineuse question, je décidai de mener ma propre enquête et de me rendre en la ville de Sens,pour y noter, d'un côté, tout ce que j'y observerai de proprement bourguignon, et de l'autre, tout ce qui relèverai de la fade modération française.


A ma descente du train, je fus d'emblée charmé par l'aspect général de la ville de Sens. Ses petites rues sinueuses, joyeusement désordonnées, ses immeubles anciens aux façades à colombage et ses jardinets en friche, m'évoquaient parfaitement le charme de Dijon ou même d'Auxerre. Arrivé au centre ville, mon coeur bondit de joie quand mon regard se posa sur le toit si splendidement bourguignon de l'évêché. Puis c'est la façade de la cathédrale qui m'enchanta, par son Christ couronné au salut si jovial, et surtout par ses sculptures de vignes gorgées de raisin. C'est entièrement satisfait que je m'assis à la terrasse d'un restaurant pour y commander un jambon à la sauce chablis arrosé d'un petit vin de pays. Non vraiment, pensai-je, j'avais été bien bête de soupçonner un seul instant cette charmante ville de n'être pas bourguignonne et je n'y avais pas encore décelé le plus chétif caractère hexagonal, à ma grande satisfaction.

Ô chers toits de ma Bourgogne !

Alors que j'avais fini mon repas et que je me dirigeai vers le comptoir pour régler ma note, j'entendis deux ouvriers, qui y étaient accoudés, lancer à la patronne :
- Heh sers nous donc deux verres de Kir.
Je leur adressai un cordial clin d'oeil pour bien leur signifier à quel point j'approuvai la bourgognité de leurs moeurs. Mais quelle ne fut pas ma déconvenue quand j'entendis la serveuse leur rétorquer :
- Kir comment ? Kir mûre ou kir framboise ? (sic !!!!!)
Et les deux ouvriers de répondre d'une même voix (je jure que je n'invente rien !) :
- Kir mûre pardi !
Cette fois ce n'était plus un clin d'oeil que je leur adressai mais une grimace de violent dégoût, et quittai sans plus tarder ce triste bouge (il est vrai qu'il s'agissait officiellement d'une crêperie  mais cela ne justifie tout de même pas ces pratiques barbares !).
Je voulus aller oublier mon écoeurement en visitant l'intérieur de la cathédrale, mais c'est avec horreur que j'y appris que Sens avait été, pendant des siècles, l'évêché de Paris ! Je trouvais même à l'intérieur de ses murs le tombeau du Dauphin ! Je me sentis soudainement comme si j'avais ingurgité un plein tonneau d'eau baril. J'étais comme pris par de violents sentiments de modération.... Je me sentais en France !


                              L'arme du crime

Cette fois je n'y tenais plus, j'étais au bord de la syncope, mais je décidais néanmoins de laisser un dernier espoir à cette ville de me prouver son appartenance à la Bourgogne. Un peu de pluie qui se mit à tomber me fournit l'occasion idéale pour effectuer le plus efficace des tests de bourgognitude. Placé sur le parvis je m'adressai finement à deux passants.
- Sacristi ! leur dis-je, il pleut ! Et dire que je n'ai pas pensé à prendre de parapluie. Je vais être gaugé vous ne croyez pas ?
J'accompagnais ma parole d'un regard complice pour bien me faire entendre, mais les deux promeneurs se regardèrent entre eux avec un air médusé, comme si m'étais exprimé en langue papoue. J'insistai néanmoins :
- Oui, gaugé de chez gaugé. Tripé quoi ! Avec cette rabasse.... Non ? 
Les deux badauds désarçonnés  partirent en haussant les épaules. Pour bien leur signifier tout mon mépris et toute ma colère je leur adressai un violent bras d'honneur coiffé de deux cornes d'escargots.
Ah ces foutus Français !
Cette fois plus rien ne me retenait dans cette ville étrangère où l'on ne comprenait même pas ma propre langue ! Ah Sens ! Ah quel temps j'avais perdu dans cette ville épouvantablement voltairienne ! Ah qu'on ne parle plus de Sens ! Fini Sens ! Sens ? Interdit ! 

J'en étais là dans mes pensées, tandis que mes pas me guidaient avec hâte vers la gare, quand soudain une voix m’interpella. Je me retournai et je vis un splendide clodo, bien crasseux, magnifiquement aviné, qui portait une bouteille de gros rouge à la main. Il bredouilla quelques mots, parfaitement incompréhensibles avant de s'affaler sur le sol et d'y déposer une immense peau de renard.
Ah, génial ivrogne ! Mon coeur, comme foie, furent émus et pour un peu je l'aurais pris dans mes bras, mais son odeur fétide m'y fit renoncer.
Non décidément, pensai-je, une ville qui abrite d'aussi beaux spécimens de buveurs, en plein après-midi!, ne peut pas ne pas être un peu bourguignonne. 
Après tout, comme l'a très bien Maurice Chaume, la Bourgogne a un centre mais n'a pas de frontières. Si Sens ne fait décidément pas partie du centre de la Bourgogne, rien ne s'oppose à ce qu'elle soit néanmoins incluse dans ses frontières, telle fut la conclusion de mon voyage.

Et vous chers lecteurs, et je m'adresse plus particulièrement aux Senonais, pensez-vous que Sens soit une ville bourguigonne ? 

mercredi 27 mars 2013

L'armée des ombres

Jean Rispal, jeune résistant, l'explique très bien dans cette vidéo. La Résistance commence toujours pas des gestes en apparence anodins, mais qui suffisent à dire héroiquement non, à exprimer le refus de la soumission, et qui sont les préludes d'une révolte plus vaste. C'est ainsi que la résistance à l'occupation allemande commença timidement par quelques graffitis, quelques tracts, avant d'embraser le pays tout entier et d'en expulser victorieusement les occupants illégitimes.

Ainsi en fut-il pour la résistance française, ainsi en sera-t-il de même pour la résistance bourguignonne.
Les Jean Moulin de Bourgogne sont déjà là, tapis dans l'ombre. Partout les signes se multiplient, l'espoir renaît, la colère gronde, le peuple de Bourgogne est prêt à se soulever.
En témoigne cet article du bien public, daté d'un an tout juste, que je découvre aujourd'hui et que je livre à votre curiosité :

http://www.bienpublic.com/grand-dijon/2012/03/27/vive-la-bourgogne-libre

En bas de la rue Berbisey, il y a cette petite ruelle, la cour des Frères, qui serpente jusqu’à la rue Tivoli. Selon le jour de la semaine, elle est soit à la limite du présentable, soit carrément “crade”. D’ailleurs, dans le milieu de la nuit dijonnaise, elle est élégamment surnommée “la rue de la pisse”. Ce week-end, les petits matins de gueule de bois laissaient traîner dans la cour des Frères des briques de jus de pomme, mais pas très loin des bouteilles de vodka et des bouteilles de rouge, bues jusqu’à la dernière goutte. Au milieu, des rigoles de ce qu’on fait quand on a trop bu et, sur les murs, cette inscription : « Bourgogne libre, et que le vin coule à flot ». C’est dit !

Gloire à cet anonyme graffiteur et vive la Bourgogne Libre !

dimanche 10 mars 2013

Prophéties pour la Bourgogne

2012, on s'en souvient, fut l'année de la grande prophétie des Mayas, qui nous avaient annoncé, pour le 21 décembre, la fin du monde, où à tout le moins, un radical changement d'ère. Force est de constater que, depuis le 21 décembre 2012, le monde ne se porte pas fort mal, et que s'il y a eu un changement d'ère, celle qui a émergé ressemble bougrement à celle qui lui a précédé.
Cependant, si les Mayas n'étaient visiblement rien d'autre que de vulgaires escrocs, il est un homme dont les talents de visionnaires ne sont plus à démontrer, c'est Michel Nostradamus ! En plein milieu du XVI° siècle, cet apothicaire de haut renom composa un certain nombre de quatrains qui se sont révélés étonnamment prophétiques.
Qu'on en juge.
250 ans avant son avènement, Michel n'avait-il pas prédit, et avec précision, la venue au monde de Napoléon 1er dans les lignes suivantes ? :

Cent.1 - 60
Un Empereur naîtra près d'Italie,
Qui à l'Empire sera vendu bien cher,
 Diront avec quels gens il se rallie,
Qu'on trouvera moins prince que boucher.

De plus, Nostradamus n'avait pas seulement prédit l'avènement de l'empereur, il avait également prédit, avec une redoutable clairvoyance, sa chute, et son exil temporaire sur l'île d'Elbe, qui préluda à sa défaite définitive  ! Voyez plutôt :


Cent. 1 - 32
Le grand empire sera tôt translaté
En lieu petit, qui bientôt viendra croître :
Lieu bien infime d'exigu comté,
Où au milieu viendra poser son sceptre.

Mais ces augures sont encore peu de choses. D'une manière toujours plus époustouflante, avec cette fois quatre cents d'avance (!), le père Nostradamus, parvint à prédire, avec d'irréfutables détails, la révolution islamique d'Iran de 1979, au cours de laquelle l'ayatollah Khomeiny, après un exil en France, renversa la famille royale. Lisez ceci :

Cent.1 - 70
Pluie, faim, guerre en Perse non cessée,
La loi trop grande trahira le monarque,
Par là finie en Gaule commencée,
Secret augure pour à un être parque.



Même les plus sceptiques d'entre nous ne sauraient manqué d'être troublés par de semblables coïncidences. C'est donc toujours avec profit que l'on peut se plonger dans les quatrains de cet extravagant médecin.
Or, l'autre jour, en compulsant fiévreusement les pages sibyllines de ces fantastiques prophéties, je m'aperçus que Nostradamus avait émis un certain nombre de prédictions sur la Bourgogne qui m'ont paru du plus grand intérêt, et que livre à votre attention.
Disons d'abord tout net que ses oracles bourguignons ne sont pas tous des plus heureux, que des heures violentes ne sont d'ores et déjà conjecturées.
Ainsi, Michel fait cette lugubre annonce :

Cent. 1 - 80 
De la sixiesme clair splendeur celeste,
Viendra tourner si fort en la Bourgongne,
Puis naistra monstre de très hideuse beste,
Mars, Avril, May, Juing, grand charpin et rongne.


Que sera-ce que cette hideuse beste dont il est ici question ? Nostradamus faisait-il allusion à la venue de François Hollande qui doit en effet se tenir demain, à Dijon ? Ou bien s'agirait-il d'un monstre pire encore ? François Rebsamen tiendra-t-il compagnie au président français ?
Difficile à dire, mais nous ne sommes pas pressés de voir s'accomplir un tel cauchemar.
Fort heureusement, tous les quatrains qui concernent la Bourgogne ne sont pas du même tonneau. Certains sont même beaucoup plus réjouissants, comme celui-ci :

Cent. 4 - 17
Changer à Beaune, Nuy, Chalons et Dijon.
Le Duc voulant amender la Barée,
Marchant près fleuve, boisson, bec de plongeon.
Verra la queue : porte sera serrée.

Oui, vous avez bien lu : Nostradamus parle bel et bien d'un duc de Bourgogne ! Nous reverrons donc bientôt le grand duché renaître ! N'en doutons plus ! Et avec quel duc  ! Un duc pris de boisson, bien ivre, se promenant le long de la Saône et choyant ivre mort dans la flotte ! bref, un duc bien bourguignon tel que nous l'appelons de nos voeux.
Ah puissions nous voir bientôt cette "queue" et cette "porte fermée" !

Michel promit en outre à ce duché à un grand destin européen. Il composa en effet ces vers :

Cent. 2 - 74
De Sens, d'Autun viendront jusques au Rosne,
Pour passer outre vers les monts Pyrennees,
La gent sortir de la marque d'Anconne,
Par terre et mer suivra à grand traines.


Oui, tout indique que les Bourguignons, à nouveau se lèveront, sortiront de leurs frontières et marcheront glorieusement vers le Sud, comme leurs ancêtres les Burgondes. Heures exaltantes en perspective !

Marcher hors de ses frontières. La Bourgogne en aura-t-elle le pouvoir ? Pour Nosttradamus, cela ne présente pas le moindre doute. Il nous est en effet annoncé que dans l'avenir, le pouvoir bourguignon sera terrible ! Ce quatrain, riche d'espoirs, nous le garantit : 

Cent. 2 - 76 
Foudre en Bourgongne fera cas portenteux,
Que par engin oncques ne pourroit faire,
De leur senat sacriste fait boiteux,
Fera scavoir aux ennemis l'affaire.


Oui vous avez bien lu : un jour, la Bourgogne se dotera d'une arme redoutable, que nul autre pays ne saura imité et qui s'abattra comme la foudre sur ses ennemis ! Oui nous ferons "savoir à nos ennemis l'affaire" ! La Bourgogne sera bientôt l'une des plus grandes puissances militaires de ce continent  Tremblez bouffeurs de crapauds ineptes, car votre règne en Bourgogne, touche bientôt à sa fin ! Nostradamus vous l'annonce !

Ainsi, ces géniales prophéties  rejoignent presque en tous points celles du Mouvement de la Bourgogne Libre et coïncident parfaitement avec la logique historique. L'étude de l'Histoire, l'analyse politique et l'astrologie parlent d'une même voie, elles aboutissent toutes à la même irréfragable conclusion : la Bourgogne sera libre !



"Hexagone sera bientôt brisé
Les buveurs d'eau seront tout desconfyts
Grand vin bu sera en moult quantité
Par les vainqueurs grisés et esbaudis"
Prophétie du M.L.B.

jeudi 31 janvier 2013

La Saint-Vincent à Châtillon-sur-Seine

La Bourgogne a ses saints, qu'elle honore pieusemet. Elle a Saint Benigne, son évangéliste, Saint André bien sûr, son protecteur ou encore Saint Bernard, le "docteur savoureux". Mais il est un saint qui y fait l'objet d'une dévotion toute particulière, et on comprend pourquoi, c'est Saint Vincent, le saint patron des vignerons.
Saint Vincent est en quelque sorte le Bacchus du catholicisme, le poivrot du Panthéon, le pilier céleste des comptoirs du paradis, autant dire le plus bourguignon de tous les saints !
Chaque année, la célébration de la Saint Vincent est une tradition à laquelle les Bourguignons ne dérogent pas, et qu'ils célèbrent avec la dévotion qui les caractèrise : dégustation, ingurgitation, bibition, bans bourguignons et peaux de renards ! Tels sont les caractères de la vraie foi bourguignonne !
Cette année, par un hasard inouï, la fête de la Saint-Vincent, que l'on célèbre chaque année dans un vignoble différent, se tint non loin de chez moi, à Châtillon-sur-Seine ! A cette nouvelle, je n'hésitai pas et précipitai au plus vite mon gosier en cette charmante ville pour rendre hommage à ce saint si sympathique !



Dès mon arrivée dans cette ville, je fus agréablement surpris par la splendeur des décorations qui en paraient les rues : guirlandes de crépon en formes de bouchons de pinard, grappes de ballons gonflés en formes de raisins... Je retrouvais là tout ce goût naîf, touchant, grotesque et bachique si propre à la Bourgogne et qui m'enchanta positivement !
A l'accueil, et pour une somme dérisoire, je fis l'acquisition d'un kit de dégustation qui offrait à mon goulot goulu la possibilité de goûter aux crémants de Bourgogne en toutes couleurs, les millésimés, les blancs, les rosés, les blancs de blanc, et même (ô paradoxale bichromie !) les noirs de blanc !




Alors, partout ce ne fut plus devant moi qu'une immense et joyeuse fête. Une flute  d'un excellent pinard en ébullition à la main, je déambulais au milieu de trognes de bourguignons épanouies, bien rougeaudes, aux sourires francs, ce n'étaient que tapes dans le dos, verres trinqués et éclats de rire.
Non, il n'est pas de fête plus joyeuse et plus bourguignonne que la Saint-Vincent. A chaque coin de rue, on s'y embourgognise dans des bourgogneries bien bourguignantes ! On n'y boit que du bourgogne et on n'y mange que bourguignon (escargots, gougère et boeufs) ! Ah Bourgogne ! Comme y sent libre, et ivre et loin de la France !




Malgré l'état d'euphorie où le crémant et la bonne humeur générale m'avaient plongé, comme en témoignent ces quelques photos, je n'en oubliais pas pour autant ma tâche militante et profitai de l'occasion pour distribuer ici ou là quelques autocollants et quelques manifestes de la Bourgogne Libre, à des Bourguignons particulièrement réceptifs à notre cause.


La religion n'avait pas certes été oubliée. On organisa une procession et une messe, auxquelles je n'assistai pas, en raison de leur caractère éminemment matinal. Je pus en revanche admirer quelques oeuvres d'art, comme cette délicieuse sculpture de vierge qui tient en ses mains la chose la plus sacrée au monde, je veux dire le raisin !


Mais la Saint Vincent, ce n'est pas seulement le vin et la religion, c'est aussi l'amour à la bourguignonne ! Partout, aux 4 coins de la ville, des bourguignonnes plantureuses me ravirent par le spectacle de leurs formes généreuses qui s'animaient au mouvement sensuel des danses érotiques de Bourgogne, provoquant dans la foule un émoi bien compréhensible.

Ô charmes ineffables de la Bourgogne !
Ô bourguignonnes bandaisons !

Oui, tout véritable bourguignon se doit de participer au moins une fois à cette merveilleuse sauterie, et qui veut comprendre à quoi ressemblera la Bourgogne quand elle sera libérée, doit venir s'enivrer à la Saint-Vincent !

J'émettrais toutefois une légère critique à l'encontre de cette délicieuse bacchanale : et qui est sa date ! Quel est le fieffé imbécile qui eut l'idée de placer la vénération de ce saint en plein de mois de janvier ! Boire toujours agréable, mais il est tout préférable de le faire au soleil plutôt que sous la neige, qui ne nous a d'ailleurs pas épargnés cette année. Au bout de quelques heures, j'étais moi même totalement engourdi, tremblant de froid, ma sensibilité était abolie et j'étais même si congelé qu'il m'arrivait d'oublier que j'étais ivre !
Quand la Bourgogne sera libre, il serait de toute première nécessité de demander au pape une légère modification de l'éphéméride et un échange entre le jour de la saint vincent et celui de quelque autre saint célébré au mois de mai. 

Vive Saint Vincent et vive la Bourgogne Libre !